Pendant les cours de la méthode Feldenkrais, les gens expérimentent directement comment un mouvement peut devenir facile et organisé, en identifiant quels efforts sont faits inconsciemment, parce qu’ils sont devenus des habitudes. Des actions qui semblaient impossibles deviennent simples.

Il est fréquent de rencontrer des personnes qui se plaignent de leur posture et souhaitent avoir une posture différente. La posture est considérée comme une configuration corporelle statique, il est classique que les mères disent « Tiens-toi droit ! » à leurs enfants. Cet impératif a quelque chose de rigide, de figé, et même imposer des épaules droites et un ventre rentré est un effort. De plus, les médias alimentent souvent cette conviction, et les modèles qui nous sont proposés ne nous font jamais sentir égaux, jamais trop minces, jamais trop athlétiques, jamais satisfaits de ce que nous sommes.

Il est très triste d’associer la perfection à la nature statique du corps. La respiration devient inévitablement courte et laborieuse, avec toutes ses conséquences : de l’anxiété à la fatigue facile. L’esprit en souffre également, nous devenons plus rigides et moins enclins à faire face avec souplesse à tous les changements que la vie nous réserve inévitablement. Des mots tels que  » je dois « ,  » on doit « ,  » on doit « ,  » s’efforcer  » sont souvent utilisés.

Le concept d’équilibre s’inscrit donc dans cette dimension de statique, malheureusement très courante.

Un exemple : si vous ouvrez maintenant une feuille de mots sur votre ordinateur Windows (je ne sais pas pour les autres) et tapez « statique », puis, avec le curseur sur le mot, cliquez sur le bouton droit de la souris et allez dans « synonymes », « équilibre » apparaîtra aussi parmi les différents !

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L’équilibre est en fait « l’équilibre continu des forces gravitationnelles et antigravitationnelles en jeu dans le mouvement » , c’est un concept dynamique dans lequel de nombreuses fonctions de notre organisme sont impliquées : la vue, l’ouïe, le système labyrinthique de l’oreille, qui sont des indicateurs de l’alignement vertical de la tête, les organes sensoriels proprioceptifs dans les fibres musculaires, les terminaisons nerveuses extéroceptives et interoceptives. D’autres composantes, telles que la gravité, l’image de soi, l’orientation dans l’espace, sont également importantes.

La station debout immobile n’existe pas, des micro oscillations constantes se produisent, qui permettent au corps de s’adapter au milieu environnant et les phases continues de micro-contractions et de micro-relaxations des muscles permettent l’oxygénation et la circulation du sang et des fluides dans notre organisme.

Dans la méthode Feldenkrais®, la posture est considérée comme une configuration dynamique, à tel point que Moses Feldenkrais a inventé un nouveau terme, « attura », pour indiquer une position neutre d’où l’on part et à laquelle on revient après avoir effectué un mouvement, sans aucun « réajustement » préalable. Pour se lever d’un canapé dans lequel on s’est enfoncé, il faut d’abord effectuer une série d’actes pour pouvoir se mettre debout. Nous souhaitons donc souligner qu’un mouvement est fonctionnel lorsqu’il nous permet d’effectuer n’importe quelle action avec le moindre effort.

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La bonne posture est celle qui permet d’effectuer n’importe quel mouvement dans différentes positions et directions, sans organisation préalable de soi dans l’espace.

Notre posture n’est pas un malheur qui nous est tombé dessus, ni une chance inconditionnelle qui nous a été accordée. Notre façon de bouger est le produit de ce que nous avons appris dans la vie, de la façon dont nous avons réagi et interagi avec l’environnement qui nous entoure depuis notre naissance. Nos habitudes nous caractérisent, bonnes ou mauvaises, elles sont ce que nous sommes, elles sont la meilleure façon que nous puissions trouver pour être dans le monde. Notre posture fait donc partie intégrante de notre identité et de nos habitudes, même si parfois nous nous rendons compte qu’elle est fatigante et qu’elle laisse place à un mode de mouvement qui produit des douleurs.

La posture s’améliore lorsque vous donnez à votre corps la possibilité d’expérimenter de nouvelles alternatives et de nouvelles façons de bouger.

Si nous ne savons faire quelque chose que d’une seule manière, nous n’avons pas le choix : soit nous le faisons, soit nous ne le faisons pas. Cela ne nous laisse aucune liberté. Moshe Feldenkrais a dit que nous sommes comme des machines, qui sont programmées pour ne donner qu’une seule réponse à une entrée.

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Si au contraire nous avons plus d’options, nous pouvons choisir, et c’est vraiment libérateur. L’activité humaine s’épanouit pleinement.

Dans les leçons de la méthode Feldenkrais, nous apprenons qu’un geste ou une action de tous les jours, comme se tourner, lever le bras pour ramasser un objet sur une étagère en hauteur, tendre le bras vers l’avant ou se pencher, peut être fait d’une infinité de façons différentes, et quelle est l’alternative la meilleure et la plus fonctionnelle.

Ce qui est important, c’est la façon dont nous utilisons notre corps, c’est avant tout de se rendre compte avec quelle qualité nous le bougeons, où il y a des efforts et pourquoi nous continuons avec une organisation qui nous semble inefficace.

Au cours des leçons, les élèves se familiarisent, par exemple, avec la coordination du mouvement et des yeux, avec la propulsion de la poussée du pied sur le sol, ils apprennent à moduler la force musculaire, leur squelette est perçu comme un support et ils se sentent plus alignés, avec des épaules ouvertes et sans tension musculaire.